Super[Core]Grafx
Décembre 1989 : depuis 2 ans, Nec a su prouver aux joueurs qu’ils pouvaient compter sur lui avec sa gamme Pc Engine. En effet, cette dernière connaît un succès non négligeable sur l’archipel nippon. Avec l’arrivée de la console 16 bits d’un de ses concurrents, SEGA, il se doit de réagir pour faire face à la terrifiante Mega Drive.
C’est ainsi que la SuperGrafx voit le jour. Ce n’est pas une nouvelle console comme on pourrait s’y attendre, mais plutôt encore une évolution de la CoreGrafx. La mémoire est augmentée et la console se voit attribuer une deuxième puce vidéo, ce qui fait d’elle une console 8-16bits (8bits pour la partie processeur, 16bits pour la partie graphique). Elle possède un port qui la rend compatible avec les Super CD-Rom² et avec le CD-Rom² par l’intermédiaire d’un adaptateur RAU-30.
Chronique d’un échec annoncé
La console sortira en France quelques mois plus tard, en mai 1990, au prix de 2 490 francs (380 euros), mais elle se retrouvera vite à 1 490 francs (230 euros) un an plus tard. En effet, elle n’aura pas le succès escompté par Nec. Elle avait pourtant un atout de taille par rapport à la concurrence : elle était rétro compatible avec la plupart des Hucards déjà sorties sur les consoles précédentes (une première), ce qui lui fournissait de base une grande ludothèque variée.
Mais voilà, elle a souffert du pire défaut qu’on peut avoir sur une machine : le manque de jeux. Seulement 5 titres furent produits : Battle Ace (un shoot’em up), Ghouls’n Ghosts (la meilleure adaptation sur console de la version arcade), 1941 Counter Attack (adaptation du célèbre shoot’em up de Capcom et le jeu le plus rare sur la console), Aldynes (encore un shoot’em up mais ô combien réussi) et Granzort (un jeu de plateforme très moyen mais visuellement très réussi pour l’époque).
Darius Plus, un shoot’em up de TAITO, est le seul jeu « format hybride » (jeu PC Engine amélioré pour la SuperGrafx) sorti pour la console. L’échec commercial de cette dernière pousse Nec à revoir ses priorités, lequel abandonne rapidement ce format. Produit à seulement 800 exemplaires, Darius Plus est aujourd’hui un des jeux les plus rares de la PC Engine.
Un autre jeu fut annulé pour être finalement converti sur Arcade CD-ROM² : Strider. Ce jeu était très attendu à l’époque par les fans et je me souviens qu’un ami avait acheté la console spécialement pour ce jeu.
Des choix discutables
En plus de ce manque de jeux, les choix de Nec et d’Hudson n’étaient peut-être pas judicieux, notamment au niveau hardware. Le fait de reprendre le même processeur 8 bits que la gamme Pc Engine (certes amélioré) limitait lourdement sa tâche de soutien de la partie graphique 16 bits.
Le constructeur nous avait aussi habitués à des machines techniquement avancées au vu de leur petite taille et l’on peut ici se demander pourquoi la console est aussi volumineuse. Cela la rend ridicule lorsqu’elle est couplée au Super CD-Rom². Elle est sortie aussi peu de temps après le support CD-Rom de la gamme Pc Engine, support moins coûteux qui, au final, apportait une évolution bien plus intéressante que la Supergrafx.
Malgré son échec rapide, c’est une très bonne machine qui offrait un gros potentiel (il suffit de comparer par exemple Ghouls’n Ghosts avec la version Mega Drive). Malheureusement, sa très faible durée de vie n’aura jamais permis aux développeurs de nous montrer de quoi elle était capable. Aujourd’hui, une communauté reste active autour de la console et on peut voir, à l’aide de démos par exemple, que la console pouvait faire de bien belles choses, que ce soit au niveau sonore ou graphique.
