25 mai 2026

Les tests vidéoludiques avant Internet

Dans les années 1990, quand tu voulais acheter un jeu vidéo, tu avais très peu d’informations et encore moins de moyens pour te renseigner. À la Fnac ou dans les grandes surfaces, tu pouvais seulement regarder la jaquette, lire le résumé au dos et parfois apercevoir quelques captures d’écran. Et puis, surtout, il y avait la réalité du budget : un ou deux jeux par an, souvent pour ton anniversaire ou à Noël.

Si tu avais la chance de tomber sur un bon jeu, tu y jouais pendant des mois. Mais parfois, un jeu très attendu ne provoquait tout simplement pas le déclic espéré. Je me souviens avoir longtemps économisé pour acheter Flashback… avant d’être profondément déçu après seulement quelques heures de jeu.

Magasin Vidéo Futur
Jaquette de Flashback sur Mega Drive

À l’époque, il n’y avait pas YouTube pour voir des vidéos de gameplay ou vérifier si un jeu valait vraiment le coup. Pour aller à la Fnac, il fallait aller à Metz ou Nancy. On achetait un jeu presque à l’aveugle, parfois sur un simple coup de cœur.

Puis sont arrivés les fameux magazines mensuels de jeux vidéo, qui sont vite devenus indispensables.

Petit historique des magazines emblématiques

Player One

Lancé en 1990, Player One est l’un des tout premiers magazines français dédiés au jeu vidéo. Il se distingue par son ton passionné, parfois très subjectif, et une vraie proximité avec les lecteurs. Très marqué par la culture japonaise, il met en avant les consoles Nintendo et Sega, les RPG et les jeux import. Le magazine s’arrête en 1999, mais reste aujourd’hui encore une référence culte pour toute une génération.

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La rubrique Over The World mettait en avant les jeux import

Joypad

Créé en 1991, Joypad adopte un style plus professionnel et plus critique. Les tests sont détaillés, souvent exigeants, et la rédaction devient rapidement reconnue pour son sérieux. Joypad accompagne l’évolution du jeu vidéo vers la 3D et les consoles nouvelle génération (PlayStation, Saturn). Le magazine cesse sa parution papier en 2012, après être devenu un pilier de la presse spécialisée.

Consoles +

Apparu en 1991, Consoles + se veut plus accessible et grand public. Il couvre un large éventail de consoles et propose des tests clairs, des astuces et des dossiers. Très populaire dans les années 90, il permet à beaucoup de joueurs de se repérer dans l’actualité vidéoludique. Il disparaît sous sa forme papier en 2016, marquant la fin d’une époque.

Grâce à ces magazines, on pouvait lire les tests, voir de nombreuses captures d’écran et enfin se guider avant un achat. Ils permettaient aussi de repérer les sorties à venir, de commander des jeux d’occasion ou de tenter l’import.

Une époque 100 % physique

À cette époque, tout était physique : pas de téléchargement, pas de patch, pas d’accès anticipé. Si le jeu n’était pas disponible dans ton magasin habituel, il fallait attendre des semaines, parfois des mois, ou se déplacer dans une grande boutique spécialisée. Les consoles n’étaient pas compatibles entre régions (européenne, américaine ou japonaise) : pour jouer à un jeu japonais, il fallait un adaptateur souvent coûteux et compliqué, que tout le monde ne possédait pas. C’était pourtant souvent le seul moyen de découvrir certains chefs-d’œuvre, notamment des RPG, qui ne sortaient jamais en Occident.

Milieu des années 90 : la culture de la location

Tu as aussi connu à cette époque une autre habitude aujourd’hui disparue : la location.
La location de cassettes vidéo VHS pour le week-end avec les parents faisait partie du rituel. Tout était sur cassette : pas de streaming, pas de chargement de fichier, pas de choix instantané. Tu louais la cassette le vendredi, tu la regardais le samedi soir, et tu la rendais le lundi. C’est comme ça que tu découvrais la majorité des nouveaux films sortis au cinéma.

La location de jeux vidéo s’est également développée pendant cette période. Des enseignes comme Vidéo Futur (ou des magasins équivalents) permettaient enfin de tester un jeu avant de l’acheter. Même si le choix était parfois limité, cela offrait une vraie chance de découvrir un titre sans risquer de se tromper.

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L'enseigne Vidéo Futur proposait cassettes VHS et jeux vidéo à la location

Une autre époque, plus lente, où chaque achat restait une aventure… mais aussi pleine de souvenirs.

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