Trois jours de scanlines, de câbles et de bonne humeur
Après un an d’absence, Verdun Joystick Players appuyait enfin sur « Continue » à la MJC Contre-Courant de Belleville-sur-Meuse, et chez Generation RetroGamer, on attendait ça avec impatience. Pour cette 9e édition, organisée les 23, 24 et 25 mai 2026, le programme annonçait trois jours consacrés à la culture geek sous toutes ses formes : jeu libre, compétitions, consoles récentes, rétrogaming, ludothèque, cosplay, ateliers et rencontres.
De notre côté, l’objectif était simple : proposer un espace rétro chaleureux, vivant, un peu hors du temps, où l’on pouvait passer d’une NES à une Neo-Geo, d’un Amstrad CPC à un Atari ST, le tout dans une ambiance sonore à base de chiptune, de SID et de Paula. Une salle comme on les aime : des machines, des souvenirs, des discussions passionnées… et assez de câbles et de multiprises pour faire pâlir un responsable sécurité.
Vendredi soir : installation, nappes, consoles et séance de musculation gratuite
Tout commence le vendredi 22 mai au soir avec l’installation. L’équipe est efficace : Draz, le mordu des consoles 16 bits, GoKev, l’esprit tranquille, Juju, le maître d’œuvre qui voit toujours la salle en 3D isométrique dans sa tête, Samcha, notre spécialiste zen du rétrogaming, et Kaymla, la petite nouvelle déjà redoutablement efficace.
Au programme : tables, nappes, consoles, branchements, organisation de l’espace, choix des emplacements… et bien sûr les téléviseurs. Moitié LCD, moitié CRT. Parce qu’un bon vieux tube cathodique, c’est beau, c’est authentique, ça donne une image incroyable… mais ça rappelle aussi très vite que le rétrogaming est un loisir qui se pratique parfois avec les lombaires. On aime les scanlines, mais les escaliers de l’entrée un peu moins.
Petit à petit, la salle prend forme. On ne voulait pas simplement poser des consoles sur des tables, on voulait créer un vrai espace à part, une bulle rétro, cosy, avec des affiches de films des années 80, des sonorités de machines mythiques et une disposition agréable pour jouer, discuter et flâner. Pas une salle d’exposition figée, mais un endroit où l’on s’installe, où l’on reste, où l’on entend quelqu’un dire au bout de deux minutes : “Oh, j’avais la même quand j’étais gamin !”
Une belle sélection de machines : du salon, du micro et du caractère
Pour cette édition, nous avions sorti une belle brochette de consoles : Atari 7800, NES, Master System, Mega Drive, Super Famicom, PlayStation, Saturn, Dreamcast, Nintendo 64, GameCube, NEC Duo, PlayStation 2, Neo-Geo et Vectrex. Un vrai vortex façon Chrono Trigger pour voyager d’une génération de consoles à l’autre, manette en mains.
Côté micro-ordinateurs, les visiteurs pouvaient retrouver l’Amstrad CPC, le Commodore 64, l’Atari STE et l’Amiga 600. Enfin… l’Amiga 600 a décidé de faire son Amiga (les condensateurs deviennent capricieux avec le temps) : problème d’affichage avec l’écran, petite sortie de route technique, retour prévu à l’atelier. Il passera prochainement entre les mains expertes de Beleck, parce qu’avec ces machines-là, il faut parfois plus de patience qu’avec un chargement cassette.
Samedi : jeu libre, blind test et PES 4 en mode compétition
Le samedi, ouverture de 10 h à 20 h avec une équipe bien en place : Samcha, Draz, Davy, Kaymla, Tano, Miyaji, QuenBenjamin, Juju, WonderZé et GoKev. Une belle équipe pour accueillir le public, changer les jeux, surveiller le matériel, relancer les consoles capricieuses et discuter jeux vidéo avec tous ceux qui passaient dans la salle.
L’un des grands intérêts du VJP, c’est que la compétition n’écrase pas le reste. Le jeu libre occupe une vraie place : on peut venir essayer une machine, lancer une partie entre amis, découvrir un vieux classique ou simplement profiter de l’ambiance sans pression. C’est exactement l’esprit que l’on aime, pas besoin d’avoir poncé un jeu pendant vingt ans pour prendre une manette et s’amuser.
Le gros temps fort du samedi, c’était le tournoi PES 4 sur PlayStation 2. Un choix parfait : immédiat, efficace, convivial, et capable de réveiller en quelques secondes les souvenirs de soirées canapé où la défaite venait rarement du joueur… mais très souvent d’une manette qui “n’a pas répondu”. L’excuse officielle du gamer rétro depuis l’invention du bouton qui colle. La finale s’est déroulée sur la grande scène du VJP, commentée par Juju et QuenBenjamin, déjà très à l’aise dans l’exercice. Aksel (Foley) remporte le tournoi et repart avec une console portable RS36, tandis que les deuxième et troisième gagnent casquette et T-shirt aux couleurs de l’association.
Dimanche : Magical Drop 3, public au rendez-vous et ambiance au top
Le dimanche, nouvelle journée de 10 h à 20 h, avec une équipe encore solide : les indispensables SébO et Stéph, grands spécialistes des micros, Juju, WonderZé, Samcha, Davy, Kaymla, Miyaji, et Draz, arrivé en fin de journée après un bonus stage personnel dont il n’a toujours pas communiqué le score final. Pas besoin de câble Link entre nous : chacun savait quoi faire, chacun prenait sa place, et tout s’enchaînait naturellement, comme si l’asso tournait en LAN depuis toujours.
Ce dimanche a été une vraie journée plaisir. Beaucoup de public, des échanges, des découvertes, des visiteurs enthousiastes. On parle Amiga, Super Famicom, Neo-Geo, Atari ST, parfois avec des passionnés très pointus. Et c’est aussi ça qui est génial : on vient partager nos machines, mais on repart souvent avec de nouvelles infos, des anecdotes, des souvenirs racontés par les visiteurs.
Dans la journée, Juju a proposé un blind test sur scène, avec des musiques de jeux vidéo réarrangées. Très bonne idée, mais exercice dangereux pour l’ego : on reconnaît l’air, on connaît le jeu, on l’a sur le bout de la langue… et le cerveau affiche soudain un bel écran noir.
Le tournoi du jour était consacré à Magical Drop 3 sur PS1, avec 17 participants. Le jeu a parfaitement rempli son rôle : simple à prendre en main, nerveux, spectaculaire, et assez traître pour te faire croire pendant dix secondes que tu maîtrises la situation… juste avant que l’écran ne se remplisse comme une boîte mail un lundi matin. Juju et QuenBenjamin ont une nouvelle fois assuré les commentaires, confirmant leur statut de duo micro maison : deux micros, une belle énergie, et juste ce qu’il faut de vannes pour faire vivre les finales.
Côté résultats, Lana 2 remporte le tournoi devant Lana 1 et QuenBenjamin. Derrière ces pseudos de compétition se cachaient en réalité Lukas et StephCad, rebaptisés pour l’occasion par Juju en Lana 1 et Lana 2. Un renommage totalement improvisé, mais immédiatement adopté par les intéressés. Lana 2 voulait un T-shirt, QuenBenjamin une casquette : tout le monde est reparti heureux. Et le vainqueur repartait également avec une RS36. Simple, efficace, convivial : exactement ce qu’on aime.
Lundi : Crash Team Racing, PADG pas loin, et dernier tour de piste
Le lundi, dernier jour, de 10 h à 18 h. Présents au poste : Samcha et Kaymla, qui ont tenu les trois jours complets — respect éternel — ainsi que GoKev, Draz et Interpolska, notre spécialiste de Super Soccer et Crash Team Racing.
Cette journée était aussi marquée par la présence de Pierre-Alain de Garrigues, dit PADG, invité du VJP le lundi 25 mai, autour du doublage, avec une conférence et un atelier dédiés à son métier.
De notre côté, nous avions organisé un tournoi Crash Team Racing, qui a réuni 13 participants. Nous avions même eu l’idée de demander à PADG de venir commenter avec nous, puisqu’il a prêté sa voix sur une version du jeu : Crash Tag Team Racing sur GameCube. Malheureusement, avec l’horaire de la finale, cela n’a pas pu se faire. Dommage, entendre une vraie voix de doublage poser l’ambiance sur un dérapage turbo, ça aurait clairement eu son petit effet.
Le tournoi s’est tout de même déroulé dans une excellente ambiance. Anthony remporte la première place, devant Interpolska et Boodouk, avec qui l’équipe a bien rigolé. Et quand une compétition se termine avec des sourires, des vannes et l’envie de refaire une partie, c’est que le job est fait.
Des finales sur scène et une image qui claque
Tous les tournois se sont déroulés sur la petite scène installée dans notre salle, à l’exception des finales, organisées sur la grande scène du VJP en partenariat avec LANA France et leur commentateur Bola.
L’un des gros points marquants de cette édition, c’est l’organisation technique sur scène. Les équipes de VJP ont pu connecter nos consoles grâce à un RetroTink 4K, le genre de scaler qui donne envie de vérifier deux fois si la console n’a pas secrètement gagné une sortie HDMI pendant la nuit. Le rendu sur le mur LED était superbe. Voir nos vieilles machines affichées aussi proprement dans ces conditions, c’était un vrai plaisir. Le passé et le présent se sont serré la main, sans adaptateur douteux entre les deux.
Un VJP plus large : cosplay, ludothèque et personnalisation
Le VJP 2026, ce n’était évidemment pas uniquement notre espace rétro. Cette édition proposait aussi plusieurs nouveautés, dont l’arrivée du cosplay, avec défilé, conférence, ateliers craft et ateliers maquillage.
Un espace ludothèque permettait également de profiter de jeux traditionnels, de jeux en bois et d’un Puissance 4 Géant, tandis qu’un atelier de personnalisation animé par la Médiathèque du Grand Verdun proposait aux visiteurs de customiser consoles ou manettes avec des stickers sur mesure.
Et bien sûr, le jeu vidéo moderne avait lui aussi toute sa place. LANA France et le Numéripôle ont proposé leurs espaces et leurs tournois sur PS5 et PC, de quoi permettre aux joueurs plus actuels, ceux qui ne jurent que par leur jeu fétiche du moment, de trouver eux aussi leur terrain de jeu. Dans la salle PC, ça respirait clairement le gaming en 4D : écrans, setups, concentration maximale et cette ambiance particulière où l’on sent (dans les 2 sens du terme) que certains sont venus pour jouer sérieusement. D’ailleurs, quand ils passent sur notre stand, on les repère vite : ils prennent une manette, testent trente secondes, un pote leur dit “viens voir, c’est cette console-là”, ils reposent la manette… et deux minutes plus tard, retour au PC. Pas grave : chacun son époque, chacun son écran, et c’est aussi ça qui fait la richesse du VJP.
Ces ajouts donnent à l’événement une vraie dimension familiale et créative. Le VJP ne se limite plus à une succession de postes de jeu : il devient un rendez-vous geek plus complet, ouvert, varié, où chacun peut trouver son entrée dans la culture jeu vidéo, que ce soit par la compétition, le jeu libre, le cosplay, la création ou la nostalgie.
Trois jours qui soudent une association
Au-delà des machines et des tournois, ce week-end a surtout été un moment fort pour l’association. Trois jours d’événement, c’est intense : il faut installer, porter, brancher, expliquer, surveiller, réparer, ranger, recommencer. Mais c’est aussi ce genre de moment qui rassemble les membres.
On n’a pas toujours besoin de se parler pour se comprendre. Chacun prend sa place, chacun voit ce qu’il y a à faire, chacun complète l’autre. On fonctionne presque comme un vieux micro-ordinateur bien entretenu : quelques composants ont de l’âge, certains chauffent un peu après plusieurs heures, mais l’ensemble tourne encore parfaitement.
Personnellement, le VJP, j’y suis depuis la 2e édition, et l’association y participe depuis la 4e. On a vu l’événement évoluer, grandir, changer, intégrer de nouvelles pratiques et de nouveaux publics. Mais une chose reste intacte : la passion des visiteurs. Et tant que cette flamme-là est présente, les vieilles machines ont encore de beaux jours devant elles.
Conclusion : un retour réussi pour Generation RetroGamer
Ce Verdun Joystick Players 2026 aura marqué un très beau retour : celui de l’événement après deux ans d’absence, et celui de Generation RetroGamer à ses côtés, comme une évidence. Trois jours intenses, une équipe soudée, une salle rétro chaleureuse, des tournois réussis, un public curieux et passionné, de belles rencontres, et quelques caprices techniques pour rappeler que le matériel rétro aime garder une part de suspense.
On repart forcément fatigués, mais surtout heureux. Heureux d’avoir retrouvé le public du VJP, heureux d’avoir partagé notre passion, heureux d’avoir vu des enfants découvrir des machines plus âgées qu’eux, et des adultes retrouver instantanément leurs souvenirs devant une manette, un clavier ou un écran cathodique.
Le rétrogaming, ce n’est pas seulement ressortir de vieilles consoles. C’est créer du lien, transmettre des souvenirs, provoquer des discussions, faire découvrir, faire rejouer, faire sourire. Et pendant trois jours à Verdun, les pixels ont encore parfaitement fait leur travail.
À très vite pour de nouvelles aventures, entre manettes, micro-ordinateurs, câbles vidéo et machines rétro, véritables héros de notre RPG associatif, toujours capables de nous lancer une petite quête secondaire au moment où l’on pensait que tout était prêt.


Super article Draz, tu as parfaitement résumé les choses ! Joystick Players a signé un retour mémorable, et Generation Retrogamer peut s’appuyer sur une équipe formidable, composée de membres actifs et de passionnés d’exception. Bravo à tous pour votre engagement et votre passion .