27 juillet 2026

Quand les jouets de notre enfance reviennent

Il suffit aujourd’hui de parcourir les rayons d’un magasin spécialisé ou les pages d’une boutique en ligne pour retrouver des visages familiers. Goldorak et sa soucoupe, Les Chevaliers du Zodiaque, les véhicules transformables de M.A.S.K. ou encore Musclor et Skeletor sont de nouveau là. Les emballages sont neufs, les matériaux ont parfois changé et les prix ne sont plus ceux de notre enfance, mais la réaction reste immédiate : pendant quelques secondes, on ne voit plus un produit destiné aux collectionneurs, on reconnaît simplement un jouet que l’on a possédé, longtemps désiré ou observé derrière la vitrine d’un magasin. Ces personnages et ces véhicules nous faisaient d’autant plus envie qu’ils appartenaient aux dessins animés dont nous ne voulions manquer aucun épisode. Les avoir entre les mains, c’était pouvoir prolonger leurs aventures une fois la télévision éteinte.

Ce retour ne se résume pas à une exploitation bien calculée de la nostalgie, même si les fabricants savent parfaitement à qui ils s’adressent. Ces objets trouvent encore leur public car ils réveillent une expérience précise, celle du jeu, de la manipulation et de l’imagination. Ils nous ramènent à une époque où un robot en métal, quelques pièces d’armure ou une voiture capable de changer de forme suffisaient à occuper tout un après-midi.

Goldorak : retrouver le jouet autant que le souvenir

Parmi toutes les rééditions actuelles, celles de Goldorak provoquent chez moi une réaction particulière. On peut désormais retrouver les deux jouets que je trouve les plus mythiques du robot, le grand modèle de type Jumbo et la version plus compacte le Goldorak accompagné de sa soucoupe UFO Popy des années 80. Une réédition Chogokin Deluxe associant le robot et son Spazer est notamment remise en circulation, sous une forme modernisée.

Enfant, je possédais justement le Goldorak Popy avec sa soucoupe. J’ai toujours le robot aujourd’hui, avec les traces normales d’un jouet qui a réellement servi. La soucoupe, en revanche, n’a pas connu le même destin. Le cousin d’un cousin avait cassé l’une de ses ailes et, considérant probablement qu’elle était devenue inutilisable, ma mère l’avait jetée à la poubelle.

Ce n’est pas un grand drame familial, mais le souvenir est resté. Pendant des années, il a suffi que je revoie cette soucoupe pour penser à celle qui avait disparu. Lorsque la réédition version 2026 a été annoncée, je n’ai donc pas longuement hésité, la précommande a été presque immédiate. Il ne s’agissait pas seulement de compléter une collection ou d’acquérir une nouvelle version de Goldorak, c’était une manière très concrète de réparer ce petit manque resté depuis mon enfance.

Au regard des photos, on ne peut pas s’empêcher de comparer avec le modèle d’origine. La nouvelle version conserve la silhouette, les couleurs et les accessoires, mais son rendu est plus moderne. Certaines parties donnent aussi une impression différente, notamment les épaules en plastique et la présence moins importante du métal. On peut imaginer qu’il s’agit d’un compromis entre le coût de fabrication, les normes actuelles et la volonté de proposer un ensemble à un tarif encore acceptable, même si celui-ci reste destiné à des passionnés.

Cette évolution soulève malgré tout une question : comment ces rééditions vieilliront-elles ? Le Goldorak de mon enfance a été manipulé, transporté et probablement soumis à des situations qu’aucune notice ne recommandait. Il est pourtant toujours là. Les modèles actuels sont peut-être mieux finis et parfois plus fins, mais cette précision ne garantit pas forcément la même solidité sur plusieurs décennies.

La différence essentielle se trouve peut-être ailleurs. À l’époque, nous achetions (ou plutôt nos parents achetaient) ces objets pour que nous jouions avec. Aujourd’hui, nous les achetons surtout pour les conserver. On les sort soigneusement de leur boîte, on vérifie les accessoires, on les installe dans une vitrine et on évite de trop les manipuler. Le jouet a gardé son apparence, mais il a changé de fonction.

Avec ces jouets, connaître parfaitement l’univers d’origine n’était pas indispensable pour inventer ses propres aventures. Mazinger en est un bon exemple. Je connaissais le jouet avant de véritablement découvrir son histoire, mais cela ne posait aucun problème. Le robot devenait ce que j’avais décidé qu’il serait. Il pouvait accompagner Goldorak, l’affronter ou partir dans une aventure qui n’avait aucun rapport avec les dessins animés. Il n’était pas nécessaire de respecter un scénario officiel, le jouet offrait simplement un point de départ à l’imagination.

Les Chevaliers du Zodiaque : la patience au service de l’armure

Les figurines Saint Seiya occupent une place particulière dans mes souvenirs. Elles permettaient de retrouver entre ses mains les personnages des Chevaliers du Zodiaque découverts dans Le Club Dorothée. Il ne s’agissait plus seulement de regarder Seiya, Shiryu et les autres chevaliers à la télévision : avec leurs figurines et leurs armures, on pouvait prolonger leurs aventures et imaginer ses propres combats. Pour moi, ces jouets représentaient alors quelque chose d’assez extraordinaire.

Je me souviens encore de la première fois où j’en ai vu chez quelqu’un. Je devais avoir environ douze ans et mes parents avaient été invités chez ceux de Damien. Dans sa chambre, il possédait Seiya, Shiryu et un Chevalier d’or dont je ne me rappelle malheureusement plus l’armure. Ce qui m’avait surtout marqué, c’est que plusieurs pièces étaient posées par terre, comme s’il ne leur accordait déjà plus beaucoup d’importance. Cela m’avait presque choqué. Ces armures me faisaient tellement rêver que je ne comprenais pas comment on pouvait les laisser ainsi. Si j’avais eu ne serait-ce qu’une seule de ces figurines, j’aurais pris le plus grand soin du personnage, de chaque pièce de son armure et même de sa boîte.

Ces figurines demandaient malgré tout une certaine patience. Il fallait positionner l’armure pièce par pièce, trouver le bon emplacement pour chaque élément et fixer les épaulières ou les protections sur les jambes sans que tout se détache pendant l’opération. Une fois le chevalier équipé, il restait encore à le faire tenir debout, ce qui n’était pas toujours gagné. Les petites pièces pouvaient également tomber et disparaître facilement. Une protection de bras ou un élément de ceinture perdu sur un tapis suffisait à laisser l’armure définitivement incomplète. Mais ces difficultés ne retiraient rien au pouvoir du jouet. Elles faisaient partie de sa manipulation et rendaient le chevalier entièrement équipé encore plus impressionnant.

Je possède aujourd’hui trois Myth Cloth. Ce sont de belles figurines, plus détaillées et plus abouties que les modèles anciens, mais elles ne provoquent pas chez moi la même nostalgie. Les figurines vintage conservent quelque chose que les versions modernes ne peuvent pas tout à fait reproduire : elles sont directement liées à ce désir d’enfance, à cette chambre où je les ai découvertes et à ces armures laissées sur le sol que j’aurais, moi, manipulées avec grande précaution.

La réédition vintage de Seiya, présentée par Tamashii Nations à la Japan Expo 2026 et proposée en précommande, vient forcément réveiller cette envie. Pour le moment, Seiya reste le seul personnage clairement dévoilé dans cette nouvelle relance, et rien ne permet encore de savoir quels autres chevaliers pourraient suivre. Mais le simple fait de revoir cette figurine sous une forme proche de celle des années 1980 suffit à me faire hésiter. Vais-je finir par craquer ? Cela dépendra forcément du prix.

Mon hésitation ne vient pourtant pas seulement du montant demandé. Cette figurine appartient à une catégorie d’objets auxquels on pense beaucoup précisément parce qu’on ne les possède pas. Pendant toutes ces années, elle est restée associée à un manque, à une envie et à un souvenir particulièrement fort. En l’achetant aujourd’hui, j’aurais enfin entre les mains le jouet dont je rêvais à douze ans. Mais une partie de moi se demande aussi si le fait de le posséder ne ferait pas disparaître un peu de ce désir et de la nostalgie qui l’accompagne.

C’est contradictoire, bien sûr : je peux désirer cette figurine depuis des années et craindre qu’en la possédant, elle perde une partie de la force qu’elle conserve dans mes souvenirs. Mais je suis comme cela, « je vis d’émotions ». Mon rapport à ces jouets ne repose pas uniquement sur l’envie de compléter une collection. Il tient aussi au manque, à l’attente et à tout ce que j’ai imaginé autour d’un objet que je n’ai jamais possédé. Acheter ce Seiya vintage permettrait peut-être de réaliser enfin un rêve d’enfant, mais je me demande aussi si ce rêve ne doit pas une partie de sa force au fait d’être resté inaccessible pendant toutes ces années.

M.A.S.K. : ce plaisir de découvrir ce que le jouet dissimule

Avec M.A.S.K., l’attachement reposait sur une idée simple et particulièrement efficace : le jouet cachait quelque chose.

Une voiture n’était jamais seulement une voiture. Un camion pouvait dévoiler un poste de commandement, une moto se transformer en machine volante et une carrosserie apparemment ordinaire libérer des armes ou des ailes. La première transformation constituait toujours un moment important. Même lorsqu’on connaissait parfaitement le mécanisme, le plaisir de l’actionner restait intact. Il y avait quelque chose de très satisfaisant dans le passage entre une apparence familière et une machine complètement différente. Le véhicule prolongeait ce que l’on voyait dans le dessin animé, mais il offrait surtout une véritable surprise une fois entre les mains.

Je n’avais qu’un copain qui possédait un jouet M.A.S.K. à l’époque. C’était Juju et il avait Condor. Il en prenait vraiment soin, au point que j’ai toujours pensé qu’il s’agissait de son jouet préféré. Je n’avais que rarement l’occasion de jouer avec, mais je le comprenais parfaitement. Un jouet auquel on tient autant ne se prête pas à n’importe qui, seuls ceux en qui l’on a vraiment confiance peuvent avoir le privilège de le prendre entre leurs mains. Les fois où j’avais l’occasion de manipuler Condor n’en étaient que plus précieuses. Je pouvais enfin transformer moi-même cette moto en machine volante et observer son mécanisme de près. Avec le recul, je crois que ce souvenir est autant lié au jouet qu’au soin avec lequel Juju le conservait. Nous étions encore enfants, mais nous savions déjà que certains objets comptaient plus que d’autres.

Le retour récent de M.A.S.K. par The Loyal Subjects montre que le principe n’a rien perdu de son attrait. Thunderhawk, Condor, Rhino et d’autres véhicules reviennent avec leurs transformations, parfois accompagnées d’aménagements modernes, mais sans abandonner le principe qui faisait leur force dans les années 1980. Ces jouets évoquent aussi immédiatement la série animée, dans laquelle les véhicules, leurs fonctions cachées et les masques portés par les personnages occupaient une place centrale.

Cette importance accordée aux véhicules dans la série n’était pas le fruit du hasard. M.A.S.K. a d’abord été imaginé par Kenner comme une gamme de véhicules et de figurines, tandis que le dessin animé a été développé pour leur donner un univers et accompagner leur commercialisation. Les véhicules transformables n’étaient donc pas de simples produits dérivés d’un programme déjà populaire, ils se trouvaient au centre du projet dès son origine. La série leur apportait des personnages, des missions et une identité immédiatement reconnaissable. Elle donnait surtout envie de reproduire chez soi les transformations vues à l’écran.

Ce qui fonctionne encore aujourd’hui n’est donc pas uniquement la présence de Matt Trakker ou les couleurs reconnaissables des véhicules. C’est l’idée même du jouet transformable, de l’objet qui ne révèle pas tout au premier regard. À une époque où de nombreux produits sont conçus pour être exposés, M.A.S.K. rappelle qu’un jouet peut aussi créer de la surprise par son fonctionnement.

Les Maîtres de l’Univers : le plaisir de rattraper le temps perdu

Les Maîtres de l’Univers occupent une place particulière parmi toutes ces licences revenues de mon enfance. La gamme a été l’une des premières à remettre durablement les jouets des années 1980 sur le devant de la scène. Au fil des années, les nouvelles versions se sont succédé : une première grande relance en 2002, la gamme Classics lancée en 2008, puis Origins en 2020. Cette dernière ne s’est pas limitée au retour de Musclor et Skeletor, les deux personnages incontournables de cet univers. Mattel a également fait revenir de nombreux personnages, des montures, des véhicules… et continue à en sortir sous la forme de plusieurs vagues. Plus qu’un simple retour nostalgique, Les Maîtres de l’Univers s’inscrivent ainsi dans une véritable continuité.

Pourtant, mon histoire avec ces jouets a longtemps été faite davantage d’envie que de possession. Les voisins de mon cousin en avaient beaucoup à l’époque. Je voyais leurs personnages, leurs véhicules et tout cet univers se déployer devant moi, avec l’impression qu’ils disposaient d’une collection presque inépuisable. J’ai toujours voulu en avoir, mais le prix de ces jouets ne le permettait pas à la maison. Les Maîtres de l’Univers ont donc fait partie de ces gammes admirées chez les autres, que l’on connaissait sans avoir réellement la possibilité de se les approprier.

Lorsque la gamme Origins est sortie, je me suis forcément rattrapé. Ce n’était plus seulement l’envie de retrouver une licence connue. C’était aussi l’occasion de constituer enfin la collection que j’aurais aimé posséder enfant.

Les blisters cartons ont beaucoup compté dans cette envie. Revoir les figurines dans leur emballage avec un aspect très proche de celui des emballages d’époque a provoqué une réaction immédiate. Avant même de regarder les articulations ou les accessoires, on reconnaît la manière dont ces jouets étaient présentés dans les rayons. Le souvenir ne vient donc pas uniquement de la figurine, il commence dès le premier regard posé sur l’emballage.

Mais les jouets et leurs boites ne suffisent pas à expliquer l’attachement que nous avons conservé pour cet univers. Le dessin animé y a également joué un rôle essentiel. Les premières figurines sont arrivées en 1982, avant le lancement de la série produite par Filmation en 1983. Celle-ci avait notamment pour fonction de soutenir la gamme et de donner une histoire aux personnages proposés par Mattel. Elle a cependant largement dépassé ce rôle commercial : en développant Eternia et la personnalité de ses habitants, elle a créé un véritable attachement pour Musclor, Skeletor, Orko ou le Maître d’armes. Ce sont ces personnages découverts à l’écran que nous avions ensuite envie de retrouver sous forme de jouets.

Mattel sait aujourd’hui réactiver tous ces souvenirs avec une grande efficacité. Les couleurs, les illustrations et la forme des blisters ont été pensées pour parler directement aux enfants des années 1980 devenus adultes. La démarche commerciale est évidente, mais elle fonctionne parce qu’elle repose sur des souvenirs réels. On peut parfaitement savoir que l’on est la cible d’une stratégie bien construite et tout de même avoir envie de prendre la figurine. C’est efficace, cela se vend et, dans mon cas, la place rapidement occupée par la collection montre que la formule a parfaitement fonctionné…

Ces jouets que la nostalgie nous fait retrouver

L’apparence familière de ces rééditions réveille immédiatement nos souvenirs, mais elle n’explique pas à elle seule notre attachement. Ces jouets nous ont aussi marqués parce qu’ils laissaient une grande place à l’imagination. Ils proposaient un personnage, un véhicule ou un mécanisme, sans imposer une manière unique de jouer. Goldorak pouvait vivre une aventure sans rapport avec la série, un Chevalier d’or affronter un personnage venu d’un autre univers et les véhicules de M.A.S.K. transformer une table ou un tapis en terrain d’opération.

Cette liberté compte beaucoup dans le souvenir que nous en avons. Nous ne nous rappelons pas seulement la forme d’un objet. Nous nous souvenons de l’endroit où nous jouions, du temps passé à installer les personnages, des pièces perdues sous un meuble et des histoires improvisées. Le jouet servait de support, mais l’essentiel venait de nous.

Lorsque nous rachetons aujourd’hui une réédition, nous savons parfaitement que nous ne retrouverons pas notre enfance. Nous ne cherchons d’ailleurs pas forcément à la reproduire, nous voulons plutôt garder un lien matériel avec une période où ces objets occupaient une place importante. La nostalgie fonctionne ici parce qu’elle repose sur des souvenirs concrets, et non sur l’idée vague que tout aurait été mieux avant.

Quand ces univers sont devenus des jeux vidéo

Ces univers ont également accompagné notre découverte du jeu vidéo, avec des adaptations dont la qualité pouvait être très variable.

M.A.S.K. a notamment connu deux jeux sur Amstrad CPC. Ils tentaient de retranscrire l’idée des véhicules, des transformations et de l’affrontement entre M.A.S.K. et V.E.N.O.M., avec les limites techniques et les choix de conception de l’époque. Pour celui qui possédait les jouets, le simple fait de reconnaître un véhicule à l’écran suffisait parfois à susciter l’intérêt, même lorsque le jeu demandait beaucoup de patience et d’imagination.

Saint Seiya est aussi passé par la NES avec Les Chevaliers du Zodiaque : La Légende d’Or. L’adaptation permettait enfin de prendre le contrôle des personnages que l’on avait jusque-là fait combattre à la main, mais l’expérience était loin d’être aussi enthousiasmante que les jouets. Le jeu était difficile, parfois laborieux et pas toujours très agréable à prendre en main. Le Joueur du Grenier lui a d’ailleurs consacré l’une de ses toute premières vidéos, relevant avec son ton habituel ses nombreux défauts, notamment ses phases de plateforme particulièrement pénibles. Cela n’empêchait pas le plaisir de reconnaître Seiya et son univers à l’écran, même s’il fallait une bonne dose de patience pour aller au bout de l’aventure.

Goldorak a suivi un chemin un peu différent sur Amstrad GX4000 et CPC Plus. Conçu par des passionnés, il est arrivé bien après la période commerciale de ces machines et leur a offert une aventure qu’elles n’avaient pas connue à l’époque. Cette création gratuite prend la forme d’un jeu de tir vertical et fonctionne sur GX4000 ainsi que sur les modèles 464 Plus et 6128 Plus.

Les Maîtres de l’Univers poursuivent aujourd’hui ce passage du jouet au personnage contrôlable avec He-Man and the Masters of the Universe: Dragon Pearl of Destruction. Ce beat’em up en 2D doit permettre d’incarner Musclor, Teela ou encore le Maître d’armes, dans une approche directement inspirée des jeux d’action classiques. Sa sortie, d’abord annoncée pour avril 2026, a été reportée à l’été 2026.

Toutes ces adaptations ne se valent pas, mais leur importance ne dépend pas uniquement de leurs qualités techniques. Le passage à l’écran changeait notre rapport au personnage. Après avoir décidé nous-mêmes de ses mouvements et de ses aventures avec un jouet, nous pouvions enfin le diriger dans un programme conçu autour de son univers. Les contraintes étaient plus nombreuses, mais la reconnaissance immédiate du héros compensait souvent une partie des défauts.

Des objets neufs chargés de vieux souvenirs

Le retour de ces jouets raconte autant notre évolution que celle des gammes. Enfants, nous voulions ouvrir les boîtes rapidement, monter les accessoires et commencer à jouer. Adultes, nous observons la qualité des matériaux, comparons les versions et réfléchissons à ouvrir la boite ou à la meilleure manière de les exposer. Nous sommes devenus plus prudents, parfois plus exigeants, mais l’émotion qui déclenche l’achat reste étonnamment proche.

Goldorak, Saint Seiya, M.A.S.K. et Les Maîtres de l’Univers sont loin d’être des cas isolés. Les figurines de Ghostbusters ont retrouvé l’apparence des anciens jouets Kenner, tandis que Playmates a remis en avant Les Tortues Ninja dans des versions inspirées des modèles de 1988. G.I. Joe (Hasbro et Super7) et les Cosmocats (Super7) continuent eux aussi de revenir sous des formes qui reprennent les personnages, les couleurs ou les emballages connus autrefois.

La qualité de ces rééditions reste toutefois assez inégale, tout comme leur prix. Certaines demeurent relativement abordables, tandis que d’autres représentent un véritable investissement pour le collectionneur. Cette différence ne garantit d’ailleurs pas toujours une qualité équivalente : un blister soigné et des illustrations fidèles aux emballages d’époque peuvent séduire immédiatement, alors que les matériaux, les articulations, les accessoires ou les finitions ne sont pas forcément à la hauteur du tarif demandé. Retrouver l’apparence d’un jouet de notre enfance ne signifie donc pas toujours retrouver sa solidité ni les sensations qu’il procurait autrefois.

La nostalgie commence parfois avant même d’avoir le jouet entre les mains. Une illustration, les couleurs d’un carton ou la forme familière d’un blister peuvent suffire à nous ramener devant les rayons de notre enfance. Ces emballages réveillent le souvenir des jouets que nous possédions, mais aussi de ceux que nous admirions chez les autres ou que nous ne pouvions pas emporter. Une réédition ne remplacera pourtant jamais totalement l’objet d’origine : elle n’a pas traversé les mêmes après-midi et ne porte ni les marques de nos jeux ni les petits accidents qui font partie de son histoire. Elle peut toutefois nous permettre de retrouver un jouet disparu ou d’obtenir enfin celui que nous avions longtemps désiré.

Lorsque je recevrai la réédition de Goldorak avec sa soucoupe en novembre, je sais qu’elle ne remplacera pas celle que j’avais enfant. La soucoupe jetée avec son aile cassée ne reviendra pas. Pourtant, ce nouvel ensemble trouvera naturellement sa place à côté du robot que j’ai conservé. Il ne s’agira pas exactement du jouet d’autrefois, mais il viendra enfin compléter ce souvenir resté inachevé. Et comme ma Neo Geo AES+ devrait arriver presque au même moment, novembre s’annonce clairement placé sous le signe de la nostalgie. Entre l’édition Popy 2026 de Goldorak et une console qui fait rêver depuis des décennies, le voyage dans le temps est assuré.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut